DLM ET INSUFFISANCE VEINEUSE

DLM ET INSUFFISANCE VEINEUSE

Jean-Claude FERRANDEZ

Lorsque l’on est kinésithérapeute et que l’on pratique volontiers le DLM, force est de reconnaître que ses indications sont souvent posées dans le cadre des pathologies veineuses des membres inférieurs. Aussi nous paraît-il utile de repréciser les rôles respectifs des systèmes veineux et lymphatique au niveau des membres inférieurs. Un bref rappel de l’anatomie et la physiologie de la circulation de retour permet de comprendre la fonction de chacun d’entre eux.
Au niveau veineux, la description fonctionnelle des veines permet de distinguer essentiellement 2 réseaux, l’un profond et l’autre superficiel, relié par un troisième le système perforant qui traverse l’aponévrose superficielle. La fonction du système profond dont les axes des drainage suivent celui des axes artériels, est de ramener vers le cœur le drainage du sang issu des loges musculaires. La fonction du système superficiel (saphène interne et saphène externe) à l’état physiologique est aussi un rôle de drainage mais dominé par celui de la thermo régulation.


En terme de vidange quantitative (c’est à dire de quantité de volume de sang ramenée par les veines), le système profond est le plus important puisqu’on lui accorde la charge de 90% du volume sanguin alors que le système superficiel ne prend en charge que les 10% restant. Soulignons qu’un partie du sang superficiel se déverse physiologiquement dans le compartiment profond par le réseau perforant.
Dans certaines conditions de surcharge du réseau profond, le système superficiel est amené à prendre en charge une partie du drainage profond.
Au niveau lymphatique, la description de la répartition des systèmes peut être superposable. Il est décrit un système lymphatique superficiel et profond relié par un système perforant l’aponévrose. Par contre, la quantité de collecteurs lymphatiques superficiels est de loin la plus importante. Cette remarque justifie la possibilité, dans bien des situations, de stimuler ce système par la technique du DLM.

La dénomination d’insuffisance veineuse correspond à la défaillance du drainage qui revient au système veineux. Il existe de très nombreuses situations où ce phénomène apparaît. Il est facile de les décrire en distinguant l’insuffisance primaire (malformation congénitale, avalvulation de certains axes,…), de l’insuffisance secondaire plus (grossesse, thrombose d’une veine superficielle, thrombose d’une veine profonde, …).
Mais on peut également décrire l’insuffisance en fonction de la localisation de l’œdème : superficiel ou profond.

Dans le cadre d’un œdème lié à une insuffisance veineuse, le système lymphatique est toujours concerné puisqu’il lui sert de soupape de sécurité . Néanmoins, si l’œdème apparaît cliniquement, c’est que cette soupape voit ses possibilités dépassées.

L’indication de DLM est parfois portée devant un œdème veineux. Selon la situation, elle sera adjuvante à un traitement circulatoire ou importante. Pour préciser l’importance de DLM dans le cas de la résorption d’un œdème d’origine veineuse, il est bon de se rappeler l’immense différence en terme de volume récupérable par la voie lymphatique comparativement à la voie veineuse. On accorde généralement au système lymphatique la possibilité de ramener au ventricule 3 à 30 litre par jour alors que la veine se charge de près de 8000litres. Cette comparaison permet de préciser la modestie de l’efficacité d’un DLM superficiel. Néanmoins deux éléments de poids méritent d’argumenter en faveur du DLM :

  • dans l’insuffisance veineuse chronique, il existe une insuffisance lymphatique secondaire avec défaut de drainage des macro protéines. Cette remarque explique l’existence des signes trophiques.
  • dans la réalisation de la technique de Drainage Manuel dit lymphatique , la part de la résorption veineuse ne peut pas être séparée de la résorption lymphatique. Cela explique la remarquable efficacité du DLM dans les oedèmes traumatiques de localisation superficielle.

En définitive, l’utilisation du DLM est très souvent justifiée devant un œdème d’origine veineuse. Notons cependant que :

  • la manière de le mettre en œuvre (direction des voies à stimuler, type de manœuvres, pression à exercer, temps à consacrer,…) dépendent de l’aspect clinique.
  • l’utilisation d’une contention suivra toujours la séance. Cette contention sera personnalisée en fonction de l’œdème, de son étendu, de sa consistance, de son ancienneté,…

La majorité des oedèmes d’origine veineuse fait l’objet d’une prise en charge kinésithérapique. Aucun d’entre eux n’est massé par DLM ni contenu par un bandage de manière identique. Le bilan du kinésithérapeute détermine la conduite à tenir.

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