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SOIREE AKTL
29 MAI 2009
NECKER , PARIS
CHIMIOTHERAPIE APRES CANCER DU SEIN.
CE QUE LE KINESITHERAPEUTE DOIT SAVOIR
Dr Claude BOIRON, Paris.
L’evolution du traitement des cancers du sein amene les kinesitherapeutes a entendre de nombreuses
questions de la part de leurs patientes. Parmi ces questions, nombreuses sont celles qui portent sur le role et
l’interet pour chacune d’entre elles de la chimiotherapie. Loin de vouloir remplacer l’information medicale qui doit
etre delivree par le cancerologue, le kinesitherapeute doit en connaitre les grandes lignes. La conception
actuelle de cette maladie fait d’elle une maladie a la fois locale et generale. C’est pourquoi, dans un grand
nombre de cas, on associe au traitement local un traitement qui diffuse dans l’ensemble de l’organisme de facon
a prevenir l’apparition de metastases.
Le traitement princeps du cancer du sein est le plus souvent realise initialement par la chirurgie. Elle permet
l’ablation de la tumeur, son analyse, precise le statut des noeuds lymphatiques du creux axillaire. Son interet est
curatif et informatif. La radiotherapie adjuvante permet le controle local de la region parietale.
Un traitement par voie generale est propose en cas de N+ ou de N- associes a de facteurs de risques associes.
Ces traitements systemiques son representes par la chimiotherapie, l’hormonotherapie et la therapie ciblee.
La chimiotherapie represente un traitement de la maladie par voie generale. Son mode d’action est de tuer
preferentiellement les cellules en cours de division. Or, l’anomalie caracteristique des cellules cancereuses est
la perte de la regulation du cycle cellulaire avec une replication anormale et hautement proliferative. C’est
pourquoi, la chimiotherapie detruit preferentiellement les cellules cancereuses. Cependant, dans l’organisme il
existe 3 autres tissus presentant un niveau de replication eleve : ce sont le tissu hematopoietique, les phaneres
et les muqueuses digestives. Ainsi s’explique les effets secondaires les plus communs des chimiotherapie a
savoir ll’atteinte des cellules du sang (neutropenie, anemie et thrombopenie), l’alopecie et les mucites.
Les cures de chimiotherapie sot debutees au plus tard 1 mois apres la chirurgie et sont espacees de 3
semaines afin que les cellules saines aient le temps de se reparer avant les cellules tumorales.
Selon les protocoles, la chimiotherapie est administree sur un total de 6 a 8 cures.
Les medicaments les plus utilises dans le cancer du sein sont : FEC (5FU, ENDOXAN, EPIRUBICINE) et les
TAXANES, DOCETAXEL (TAXOTERER) ou PACLITAXEL (TAXOLR).
Les indications de son administration sont les patientes a haut risque de rechute : femmes jeunes (< 35 ans)
et/ou presentant des noeuds lymphatiques envahis (N+) et/ou une tumeur de taille superieure a 1cm et/ou non
sensible aux hormones feminines (RH-) et/ou presentant des caracteristiques cellulaires agressives comme la
surexpression du recepteur HER2. Seules les femmes N0 et ne presentant pas de facteurs de risque ne
beneficient pas d’une chimiotherapie.
Les effets secondaires de la chimiothérapie
Les effets secondaires sont redoutes par les patientes, d’autant qu’ils sont majores par un effet levier de
l’inconscient collectif.
La chute des cheveux (alopecie). Etape frequente mais reversible, elle represente une difficulte souvent mal
vecue par la patiente.
Les nausees et ou les vomissements concernent pres de la moitie des patientes traitees. Certains facteurs de
risque d’apparition sont connus comme l’age jeune et l’existence de nausees ou de vomissements prealables
lies a d’autres causes. Des traitements comportementaux ou medicamenteux ameliorent largement ces effets.
La fatigue generale est systematique, elle est presente pendant la cure mais aussi de nombreux mois apres
l’arret du traitement. Elle est fonction des produits utilises. La realisation reguliere d’une activite physique permet
de la limiter. Elle semble apparaitre en moyenne au 4ieme jour apres la realisation de la cure.
Les mucites temoignent de l’action des produits utilises sur les cellules des epitheliums muqueux. L’apparition
de champignons dans la cavite buccale est prevenue ou traitee au minimum par des bains de bouche alcalins.
La diminution des globules blancs (neutropenie) est la complication la plus redoutee car elle peut etre fatale par
le risque infectieux qu’elle fait courir a la patiente.
La prise de poids est d’une observation frequente. Elle doit etre combattue du fait de la relation averee entre
prise de poids et diminution du pronostic.
L’amenorrhee est souvent induite. Elle ne fait parfois qu’anticiper une menopause naturelle.
Quelques effets secondaires caracteristiques des taxanes sont bien repertories. Le Docetaxel possede une
toxicite ungueale qui affecte la couleur, la solidite des ongles. Le Paclitaxel presente une neurotoxicite
cumulative avec la survenue de paresthesies.
Independamment de la chimiotherapie, l’hormonotherapie est proposee a certaines patientes : les patientes dites
RH+ (recepteurs hormonaux positifs), c’est a dire dont les cellules tumorales expriment les recepteurs
hormonaux en tres grande quantite. L’hormonotherapie agit soit en bloquant la synthese des oestrogenes
(analogues de la LHRH et anti aromatase) soit en empechant la fixation des oestrogenes au niveau des
recepteurs par competition (tamoxifene). L’hormonotherapie est administree pour une duree de 5ans.
Les effets secondaires les plus frequents des analogues de la LHRH (ZoladexR) sont la perte de la libido, la
fatigue et la demineralisation osseuse.
Les effets secondaires du Tamoxifene sont les risques thrombo-emboliques, les bouffees vasomotrices et le
risque de cancer de l’endometre. Les anti aromatases entrainent le plus souvent des arthralgies surtout les deux
premiers mois e◊une perte de la mineralisation osseuse.
Enfin, le trastuzumab (Herceptine) est un anticorps bloquant specifiquement la croissance des cellules tumorales
qui expriment un recepteur appele HER2. On parle alors de therapie ciblee. Ce recepteur est exprime dans 25 a
30% des tumeurs du sein. Dans ce cas, l’Herceptine est administree pendant 1 an a raison d’une injection
toute les 3 semaines. Le risque principal est la toxicite cardiaque et les patientes beneficient donc d’une
surveillance le plus souvent par echographie cardiaque tous les 3 mois. |