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SEMINAIRE DE L’INSTITUT CURIE : 13 JANVIER 2006
PLACE DE LA REEDUCATION DANS LE TRAITEMENT DU CANCER DU SEIN
En première partie le Pr Salmon, chef du département de chirurgie et le Dr Alran, chirurgienne, ont exposé les gestes chirurgicaux nécessaires au traitement du cancer du sein.
Puis le Dr Campana, radiothérapeute, fit quelques rappels sur la position nécessaire à la radiothérapie, nécessitant une bonne mobilité de l’épaule. Ceci pourrait être alors une des raisons majeures justifiant la rééducation après curage axillaire. Enfin deux médecins de la douleur, le Dr Delorme et Le Dr Queinnec expliquèrent la prise en charge de la douleur à l’Institut Curie.
La deuxième partie concernait plus particulièrement la rééducation après chirurgie du sein avec l’intervention de JC.Ferrandez, kinésithérapeute :
« LA REEDUCATION POST-OPERATOIRE APRES CURAGE AXILLAIRE A-T-ELLE RAISON D’ETRE ?»
Après quelques rappels de la littérature sur les résultats d’étude « pour » ou « contre » cette rééducation, la question se pose : pourquoi rééduquer le creux axillaire après la chirurgie du cancer du sein?
Il est évident que le type de curage, classique ou sentinelle, rendra la rééducation différente ;
Le risque en post-opératoire de façon non systématique est la raideur de l’épaule due principalement à la crainte de la patiente, que sa cicatrice ne s’ouvre à la mobilisation de son bras. Les drains aspiratifs peuvent, de surcroit, être source de douleurs comme au niveau du pectoral.
La prise en charge de l’épaule des patientes, n’est alors pas « orthopédique » mais « vasculaire »…En effet la complication principale en post-opératoire est due à l’exérèse de la lame cellulo-adipeuse entraînant une cicatrice axillaire.
On constate fréquemment qu’à la sortie de l’hôpital tout va souvent plutôt bien. Cependant c’est avec le retour à domicile que risquent de démarrer les douleurs, source de raideur, limitant alors généralement la rotation externe et la flexion de l’épaule, voire également du coude.
Deux périodes post-opératoires peuvent ainsi être observées :
· La rééducation avant J10
Elle est possible mais pas toujours indispensable et peut se faire seule ou avec un kinésithérapeute.
Evidemment toute « musculation » est contre-indiquée. De même que le massage afin d’éviter d’augmenter la charge lymphatique car les vaisseaux lymphatiques continuent de se déverser dans le creux axillaire.
Une gymnastique douce de type posturale est possible se révélant être également un bon test de la mobilité de l’épaule : en décubitus dorsal le bras est monté doucement le plus haut possible.
Seul l’œil du kinésithérapeute peut alors vérifier l’absence de compensations (flexion coude, thorax qui bombe)
· La rééducation après J10
Elle sera toujours conseillée, d’autant plus si la patiente doit effectuer de la radiothérapie nécessitant alors une bonne amplitude de l’épaule 1mois à 6 semaines après la chirurgie.
La formation du clou plaquettaire et l'assèchement de l’écoulement lymphatique, à cette phase, peuvent entrainer l’apparition de raideurs de l’épaule en général avec une limitation de l’antepulsion et de la rotation externe de l’épaule. Mais le coude peut également avoir un déficit d’extension
Il existe alors un test simple à réaliser par la patiente : face à un miroir, elle lève ses deux bras au zenith, si son bras omolatéral s’écarte de la tête, ou si son coude est difficile à étendre il est souhaitable qu’elle débute la rééducation.
Cette kinésithérapie nécessite alors une formation spécifique, notamment pour traiter d’éventuelles complications telles que les lymphoeceles.
En résumé la rééducation sera
- Manuelle pour s’assurer de la qualité du geste thérapeutique
- Passive pour éviter les complications post-opératoires de type lymphorrhées
- Posturale : bras au zenith en décubitus dorsal, simple à retenir et qui ne fatigue pas.
- Non itérative pour ne pas irriter l’épaule, économisateur.
- Individuelle |