Catégorie : Soirées scientifiques

La prochaine soirée scientifique

 

La dernière soirée scientifique de l’AKTL a eu lieu 

le vendredi 24 mars 2017 à 20h30 à Paris

à l’Institut Curie

 2 conférences

    « Malformations veineuses de l’enfant »

Dr Olivia Boccara, Hôpital Necker

 

    « Comment gérer la fatigue de l’après cancer »

Dr Claude Boiron. Soins de support Institut  Curie. Hôpital René Huguenin

 

suivi  d’échanges avec votre expérience kinésithérapique et vos questions sur ces sujets.

 

 

 

PATHOLOGIES VASCULAIRES DE L’ENFANT

Dr Olivia Boccara Service de dermatologie CH Necker

Ce compte-rendu résume les grandes lignes

Perspectives pour l’Avenir : La recherche génétique, pour les patients atteints de malformations veineuses et plus complexes, identifie de plus en plus de gènes. La prise en charge sera donc de plus en plus médicale et moins chirurgicale avec des thérapies ciblées.

Différents cas cliniques de malformations veineuses (MV) de gravité croissante (IRM montrant très bien le niveau de l’atteinte)

– MV localisée : gêne esthétique +/- douleur

– MV superficielle : restreinte à la graisse sous-cutanée

– MV superficielle et intramusculaire : gêne esthétique, douleur et phlébolithes (thrombus intralésionnels +/- calcifiés)

– MV intramusculaire : très douloureuse mais quasi INVISIBLE CLINIQUEMENT

– MV infiltrante avec gonflements douloureux

– MV avec atteinte articulaire responsable d’hémarthrose et destruction progressive de l’articulation (comme les hémophiles).

 

 

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 Malformations lymphatiques

En dehors des malformations lymphatiques pures primaires ou secondaires, il existe :

– Des malformations communes mixtes atteignant les parties molles avec peu d’infections.

– Des malformations infiltrantes provoquant une dilatation lymphatique de surface avec de nombreuses lymphangiectasies microkystiques hémorragiques ou non.

– Il y a donc une différence avec le lymphœdème classique .

Les manifestions cliniques :

– la problématique des malformations veineuses est le risque de retentissement fonctionnel avec des attitudes vicieuses qui ne seront plus réductibles. Ce risque est dû aux douleurs très importantes qui engendrent une sous ou mauvaise utilisation  du membre et une hypotrophie musculaire voire des rétractions avec équin, flessum.

– La stase lymphatique provoque des inflammations kystiques mais avec de rares infections plus souvent des mycoses aux membres inférieurs.

– La stase veineuse provoque des caillots (comme dans les phlébites) donc des douleurs intenses lorsque les troncs veineux profonds sont ectasiques. La prise en charge par les hématologues sera au cas par cas effectuée par des anticoagulants.

 

 

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La prise en charge est pluridisciplinaire avec

– toujours la contention en priorité

– le drainage manuel

– plus ou moins associé à AINS pour les symptômes douloureux aigus

– la sclérothérapie moins utilisée mais parfois encore efficace selon les cas

– réduction du volume lésionnel par la chirurgie mais ne guérit pas et cause des dégâts (abandonnée de plus en plus souvent car délabrantes avec des risques de rechute)

– les anticoagulants mais parfois insuffisants quant à la douleur et les saignements

Pour l’atteinte lymphatique et veineuse certains traitements assèchent les lymphangiectasies avec suintement et saignements et améliorent les douleurs(traitement en cours d’expérimentation, donne de réels espoirs thérapeutiques et peuvent nous orienter vers des centres spécialisés pour traiter certains de nos patients) RAPAMUNE

 

 

FATIGUE DANS L’APRÈS-CANCER

Dr Claude BOIRON, Soins de support, Institut Curie CH René Huguenin

La fatigue liée au cancer est une fatigue ressentie comme négative car elle retentit au niveau global et modifie le comportement. Elle a un impact sur le « vécu » du cancer et cette fatigue persiste parfois de nombreux mois ou années, alors que la patiente ne s’y attendait pas. Cela peut demander beaucoup de temps d’accepter de vivre différemment.

La dimension est physique, affective, cognitive et agissant aussi sur l’humeur. Il y a une atteinte de l’image corporelle et souvent la patiente se sent atteinte intellectuellement.

La fatigue post-chirurgicale a un pic la première semaine puis diminue progressivement en un à deux mois pour se finir vers 3 mois.

La chimiothérapie (CT) induit une fatigue chez 80-100% de patients (Richardson 1996). En général elle se manifeste les deux-trois jours suivant puis diminue progressivement jusqu’à la CT suivante. Elle se cumule et s’accroît fréquemment au fur et à mesure des cures.

Il ne faut pas croire que s’il n’y a pas de CT la patiente ne puisse pas être fatiguée. Il ne faudrait pas employer le terme de « petit » cancer.

La radiothérapie (RT) peut engendrer de la fatigue notamment de par la lourdeur des trajets quotidiens. Par ailleurs la RT induit une baisse des lymphocytes qui peut faire persister la fatiguer un mois après la fin des séances.

Certains protocoles de l’hormonothérapie (HT) sont sources de plus de fatigue.

9 mois après le traitement la moitié des femmes se disent fatiguées et cela peut durer 10 ans.

Cette fatigue peut être associée à d’autres signes : dépression, troubles du sommeil, ménopause.

Une des difficultés est de faire la part entre la fatigue liée au cancer et la véritable dépression, les deux étant souvent associées. Ce sont des facteurs prédictifs de fatigue > 1 an.

PRISE EN CHARGE DE LA FATIGUE

Rassurer, ne pas banaliser, redonner confiance en soi

Education et conseils concernant : les stratégies d’économie d’énergie, l’activité physique. Si EVA > 7 /10 insister sur l’intérêt d’une consultation psychologique. Suggérer des activités distrayantes

Concernant les siestes elles ne sont souhaitables que si elles n’ont pas de répercussions sur le sommeil nocturne. Elles ne devraient être que brèves sauf si réel besoin.

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LA SEULE VRAIE PRÉVENTION DU LYMPHOEDÈME DU MEMBRE SUPÉRIEUR EST L’INFECTION et il est important d prendre en charge L’OBÉSITÉ.

L’activité physique adaptée doit être débutée le plus précocement possible, mobiliser les 4 membres et associer le plaisir. Il existe de nombreuses informations sur le niveau d’effort fourni par de nombreuses activités du quotidien ou sportives (AFSOS, Niveau d’effort requis pour différentes activités physiques de la vie quotidienne). Il devrait associer 40mn de cardio-training  (intensité moyen) 3x/sem et du renforcement musculaire 2x/semaine.

A adapter bien sûr en fonction de la capacité de chacun.