Bandages

L’utilisation des bandages en médecine remonte à l’Antiquité. Ils sont représentés sur les vases anciens bien avant notre ère.

Qu’il s’agisse d’Hippocrate, de Guy de Chaulliac, d’Ambroise Paré ou de Fabrice d’Aquapendente, tous mirent l’accent de l’intérêt dans les pathologies vasculaires.

Qu’il s’agisse de comprimer un oedème en insérant des éponges naturelles sous le bandage, de réaliser une compression sur des veines dilatées, de régler l’intensité de cette pression ou de l’augmenter en positionnant des plaques de plomb ou de respecter une pression dégressive de l’extrémité du membre vers la racine, toutes les règles actuelles du traitement compressif en angiologie ont été décrites depuis longtemps.

 

bandage1-300x294Les bandages dans l'antiquité

Aujourd’hui seules les modalités liées aux différents matériaux sont nuancées et les effets hémodynamiques, vasculaires, lymphatiques et tissulaires sont documentés.

Les effets des bandages sur l’organisme dépendent de nombreux paramètres.

Ainsi, il est essentiel de distinguer leurs effets selon que le membre est immobile ou au repos.

Par ailleurs les qualités du tissu influent aussi considérabment sur ces effets. On peut ainsi différencier  deux grandes familles de tissus utilisés selon qu’il seront pas ou peu étirables ou au contraire élastiques. D’autres différenciation peuvent être réalisées mais celles-ci sont très pédagogiques en kinésithérapie.

Ne pas faire cette distinction essentièle c’est être dans l’incapacité d’en comprendre leurs indications, leurs non indications, leurs contre indications, leurs avantages ou leurs inconvénients.
Il existe ainsi de façon formelle une différence entre les effets de la COMPRESSION ou de la CONTENTION.

Ces deux mots nullement synonymes font partie des nuances de la langue française et sont à l’origine de toutes les possibilités innombrables de réalisation des bandages qu’ils soient préventifs, curatifs ou de maintien d’un résultat de décongestion. Il n’existe de fait aucun bandage « monotype » qui puis être utilisé pour chaque patient.

La langue anglaise ne fait malheureusement pas cette différence. Seul le lot « COMPRESSION  » y existe et son emploi dans les articles anglo saxons peut souvent  prêter à la plus grande confusion quand l’auteur veut lui donner un sens ou un autre.

Les kinésithérapeutes ont un choix immense de bandes  dont ils sont maintenant les prescripteurs pour leurs patients.

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Quel type de bande choisir ?

 

Les décrets qui précisent ces compétences sont les suivants:

  • Décret n°96-879 du 8 octobre 1996 modifié par le décret n°2000-577 du 27juin 2000 relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession de masseur-kinésithérapeute.
  • Décret n°2006-415 du 6 avril 2006 relatif au remboursement des dispositifs médicaux prescrits par les masseurs-kinésithérapeutes et modifiant l’article R. 165-1 du code de la sécurité sociale

Ce choix ne se fait pas par mode, ni gout d’une couleur, ni d’une largeur, ni d’une marque mais bien en fonction de leurs propriétés qu’il faut connaitre pour réaliser une prescription adaptée et personnalisée à  chaque patient.

Propriétés générales

Bandes Non extensibles

Au repos, elles induisent un effet de CONTENTION. Elles permettent de maintenir  au repos les résultats du drainage manuel et de la pressothérapie et éventuellement d’une séance de déclive.

Lors des mouvements, elles luttent contre à l’expansion du volume du muscle lors de sa contraction.  Elle réalisent alors une compression de l’espace sus aponévrotique où se situe l’oedème, réalisant ainsi l’effet drainant.

Nuances: Une bande non extensible  réalise un effet contentif au repos mais un effet compressif lors des mouvements.

Bandes élastiques

Au repos, elles  appliquent une pression permanente. La valeur de cette pression dépend du type de la bande et de sa situation au niveau du membre (Loi de laplace). Cette pression de repos permet passivement la décongestion.

Lors des mouvements, elles luttent contre à l’expansion du volume du muscle lors de sa contraction mais avec moins de résistance qu’une bande inextensible puisqu’elles se laissent distendre par la poussée du muscle.  L’œdème diminuant, ces bandes élastiques continuent à maintenir le volume de l’oedème mais avec une moindre pression de repos.

Nuances: Une bande élastique, selon la technique d’application, peut être amenée à réaliser un effet rigidifiant (contentif)..

Précautions d’utilisation

La mise en place d’un bandage compressif nécessite le respect de certaines consignes. La pression de repos appliquée doit être supportable la nuit au repos en position allongée. En effet la pression veineuse est abaissée en décubitus et en  cas d’inconfort ou de douleur, la bande compressive doit être impérativement  enlevée.

Les compressions ont une contre indication absolue qui est celle de l’artériopathie sévère et des adaptations en cas de troubles de la sensibilité.

Différents types de montage

Plusieurs modalités existent pour réaliser un bandage. Le choix d’un type ne se fait ni par respect à un enseignement, ni à un enseignant, ni à une école mais bien en fonction de la pathologie, de son étiologie, de sa localisation sur le membre.

On peut ainsi distinguer des bandages utilisant:

  1. une seule bande
  2. plusieurs bandes identiques
  3. plusieurs bandes différentes
On peut également multiplier les couches selon des techniques spécifiques.

Des matériaux peuvent être insérés pour modifier la pression appliquée en la majorant ou la minorant.

Montage en pirale
Montage en spirale

Montage en semi spica
Montage en semi spica

Montage en spica
Montage en spica

Crédit photo : J-C Ferrandez